Scoutisme et école : innover pour semer du scoutisme – Scouts et Guides de France

Scoutisme et école : innover pour semer du scoutisme

Votée à l’AG 2020, la résolution mise sur la complémentarité éducative entre le scoutisme et l’école pour partager toujours plus largement la joie du scoutisme. En s’appuyant sur les territoires, les groupes et les bénévoles volontaires, la dynamique a pour objectif de favoriser les rapprochements locaux avec les établissements publics et privés, pour créer des partenariats enrichissants pour tous.

« Favoriser un rapprochement entre les Scouts et Guides de France et l’école aujourd’hui, c’est poursuivre la mise en place de notre plan d’orientation 2015/2022 Grandir et servir ensemble » rappelle en introduction Marie Mullet-Abrassart, présidente de l’association. « Ce plan d’orientation a comme fil rouge le développement du scoutisme, pour offrir cette chance à un maximum de jeunes et nous ouvrir à des publics qu’on ne connaît pas. Pour poursuivre cette dynamique, nous avons fait un état des lieux des endroits où nous pouvions nous améliorer et créer des partenariats. Et très rapidement, cette question de l’école, avec celle de la complémentarité éducative, est apparue comme une évidence pour enrichir notre développement ».

« Cette résolution prône donc un rapprochement avec l’école au sens large, l’école publique comme privée, l’école républicaine qui nous ouvre ses portes. Tout en gardant à l’esprit que nous avons une affinité particulière avec les établissements de l’enseignement catholique car nos projets éducatifs sont très proches. Nous avons une convention avec le Secrétariat général de l’enseignement catholique depuis plusieurs années qui peut nous servir de base pour élaborer des projets locaux. »

S’enrichir mutuellement

Cette résolution, dont un point d’étape est prévu à l’assemblée générale 2022, porte trois enjeux principaux :

  • Favoriser la complémentarité éducative : faire du lien avec les autres acteurs de l’éducation comme l’école permet aux jeunes de mieux profiter de tout le potentiel de ce qu’ils reçoivent : acquisition de compétences, apprentissage de l’autonomie, vie dans la nature, spiritualité… Ces dernières années, l’école s’est intéressée de plus en plus aux lieux d’éducation informels comme le scoutisme, cette tendance constitue une opportunité à saisir pour les Scouts et Guides de France.
  • Poursuivre l’ouverture : comme l’école, l’association a la chance de bénéficier d’un maillage national dans toutes les régions. Grâce à ces maillages, de multiples partenariats locaux peuvent se créer pour faire vivre du scoutisme à davantage de jeunes.
  • Miser sur la diversité : le vivre ensemble est au cœur du projet éducatif et pousse les Scouts et Guides de France à favoriser des lieux de rencontres. L’enseignement catholique intègre en lui-même une diversité réelle mais méconnue, comme l’illustrent les établissements privés en zone rurale, ou ceux des Apprentis d’Auteuil, représentés à l’Assemblée Générale par Gilles de Wavrechin, qui sont très intéressés pour travailler sur cette résolution.

Construire un partenariat gagnant-gagnant

Les intérêts de ce rapprochement entre scoutisme et école sont donc nombreux : augmenter la capacité de l’association à rejoindre des familles éloignées du scoutisme, créer des ponts entre les communautés chrétiennes, permettre au mouvement de continuer à grandir, renforcer la capacité de l’association à faire vivre la complémentarité éducative…

La méthode de la résolution propose de démarrer par des expérimentations locales tout en gardant un socle de référence solide : le projet éducatif de l’association guidera les projets, la méthode scoute restera une boussole dans les cadres scolaires et le fonctionnement reposera sur du bénévolat. 3 axes d’expérimentations ont été retenus : l’école comme passerelle pour expérimenter le scoutisme ; l’école comme lieu pour vivre le scoutisme, en dehors du temps scolaire ; et enfin l’école comme communauté d’appui pour un groupe.

A terme, ces projets doivent permettre de créer différentes dynamiques sur le terrain : développer des expériences concrètes de complémentarités éducative et spirituelle ; d’inviter des enfants, des jeunes et des adultes à découvrir le scoutisme de manière ponctuelle dans le cadre de l’école ; d’inventer d’autres rythmes, d’autres modalités pour vivre le scoutisme sur le temps extra-scolaire ; de créer de nouveaux groupes adossés aux infrastructures de l’école.

« Le scoutisme a toujours été innovant, et c’est l’esprit de cette résolution » explique Antony Moine, délégué général adjoint. « La résolution « Scoutisme et Ecole » a été pensée pour créer de manière souple des liens des projets locaux avec l’école, qui peuvent être tous très différents. Des expérimentations ont déjà eu lieu ces dernières années, comme par exemple à Angers avec une découverte du scoutisme dans un collège, ou à Bayonne, un chef d’établissement a utilisé les responsabilités et la progression personnelle comme méthode éducative à l’intérieur de son collège. L’idée c’est d’aller là où les portes sont ouvertes, dans l’enseignement public comme privé, et de créer des synergies ! »

Témoignage

« Je travaille dans le lycée professionnel Saint-Joseph à Tahiti, un établissement privé catholique, où je côtoie des ados et des jeunes de 14 à 20 ans, qui sont souvent en recherche de sens dans leur apprentissage. Avec le chef d’établissement et la responsable de l’aumônerie qui est aussi cheftaine, nous nous sommes rendu compte que le scoutisme pouvait répondre à certains enjeux majeurs de l’établissement : le décrochage scolaire, la violence ou les addictions. Le responsable d’établissement, s’en est inspiré pour instaurer une dynamique « j’aime mon lycée », avec le développement de clubs sur la base de volontariat bénévole des enseignants, avec des clubs de foot, de volley, d’échecs, de musique, de danse polynésienne… Ce qui est extraordinaire, c’est qu’en parlant de cette expérience en conseil de territoire, elle a rapidement inspiré d’autres établissements d’enseignement public qui ont souhaité mettre en place des activités. Les chefs d’établissements nous ont donné rapidement leur feu vert et leur soutien, même si les priorités sanitaires exceptionnelles ont ralenti la dynamique. Mais l’esprit de cette démarche, c’est de proposer du scoutisme là où on en a besoin, pour toucher plus de jeunes et même d’adultes, et nous enrichir ».

Christophe Chant, délégué territorial de la Polynésie française.