Emilie, cheftaine et nouvelle baptisée

Catholiques et ouverts à tous, les Scouts et Guides de France proposent de découvrir l’espérance du catholicisme, dans le respect du cheminement spirituel de chacun et chacune. Organisées sur le week-end de Pâques, symbole de renouveau et d’espoir, les Journées Nationales ont été marquées par un moment spirituel fort : le baptême d’Emilie, jeune cheftaine à Montpellier, lors d’une veillée Pascale émouvante rassemblant 4 500 foulards. Un moment important de sa vie qu’elle a choisi de vivre et partager avec « ses frères et sœurs scouts », croyants et non-croyants.

Un radieux sourire illumine le visage d’Emilie. Elle vient d’être baptisée. Un baptême particulier puisqu’elle l’a vécu au milieu de 4 500 scouts et guides. Issue d’une famille peu croyante, son entrée chez les Scouts et Guides de France a joué un grand rôle dans sa demande de baptême.

« Quand mon ami Jean m’a parlé des Scouts et Guides de France et m’a dit que c’était un mouvement catholique et ouvert à tous, dans lequel je pouvais m’engager sans être baptisée, je me suis dit que c’était super. Il m’offrait un espace idéal pour explorer ma foi et la faire grandir » Recevoir ce sacrement lors d’un rassemblement scout prenait alors tout son sens. « Être baptisée entourée de mes frères et sœurs scouts, autour d’une pluralité de croyances dans laquelle la mienne s’est construite, c’est à mes yeux la plus belle de façon de vivre ce sacrement »

Lorsque l’aumônier national adjoint qui l’a accompagnée, Pierre Brugidou, lui a proposé de vivre son entrée dans l’Église pendant les Journées Nationales, elle a cependant pris le temps de réfléchir : « Tu as envie de dire oui sans trop savoir à quoi t’attendre… ça fait beaucoup de monde quand même. J’ai toujours vécu ma foi de manière intime et puis j’avais peur que ça ne crée une scission supplémentaire avec ma famille… » Pierre a su rassurer la jeune femme sur ce point, qui a alors accepté la proposition. Pour l’épauler dans cette démarche, une équipe constituée de membres du mouvement, d’amis et de l’aumônier s’est montée autour d’Emilie.

« Je me suis sentie légère »

Quand on lui demande comment elle a vécu ce baptême à 4 500 personnes, elle dit s’être « sentie légère ». Et poursuit : « il y a eu deux moments marquants. Le premier, c’était le discours d’entrée. Je ne m’attendais pas à ce que ces mots soient prononcés. » L’évêque a effectivement débuté la célébration en faisant référence au rapport de la CIASE. Ce discours sur les abus et violences sexuelles l’a particulièrement émue. « En écoutant cette demande de pardon, j’ai eu le sentiment que ces mots m’étaient directement adressés. Je me suis sentie comme « réconciliée ». Un drôle de signe… et un très beau cadeau. » L’autre moment marquant de cette Vigile pascale pour Emilie a bien entendu été son baptême, avec le rite de l’eau. Et les applaudissements des 4500 personnes sous le chapiteau l’ont particulièrement émue aussi : « Je ne m’attendais pas à être applaudie comme ça, surtout pendant une messe. »

Grandir et trouver sa place

Le baptême d’Émilie fut aussi un moment fort pour Margaux. Cheftaine Louveteaux/Jeannettes à Vannes et à Auray, elle n’est pas croyante. Elle voit néanmoins les temps de célébrations au sein des scouts comme « des moments de partage, de communion du groupe ». « J’aime bien ces moments où même ceux qui ne sont pas croyants ou qui sont d’une autre religion peuvent s’y retrouver. » Alors, même si la Vigile Pascale lui a peu parlé, le baptême l’a touchée. « Emilie a trouvé sa place, sa voie et elle a vécu ça avec les scouts. C’est beau. On voit que chez les SGDF, on peut grandir et trouver sa place. »

Chez les scouts, on est en Église

Justement pour aider les autres scouts qui cherchent leur place, Émilie aimerait que se crée « une façon d’accompagner les jeunes et les adultes dans les sacrements religieux. C’est une expérience riche car elle est vécue avec ses amis, dans son quotidien. On est autant en Église chez les scouts qu’en paroisse. »

Des valeurs communes

Pour la jeune baptisée, les valeurs dans le scoutisme sont d’ailleurs « les valeurs de l’Eglise, elles sont portées par la vie de Jésus. » Des valeurs qui, selon Margaux, sont communes à beaucoup de monde, y compris chez les non-croyants. Pour elle, le catholicisme chez les SGDF est un outil qui lui permet de transmettre des valeurs aux jeunes. C’est aussi un sujet de discussion entre elle et ses co-chefs, ce qui leur donne la possibilité de confronter différents points de vue. Cette confrontation entre croyants et non-croyants au sein des SGDF plaît aussi à Pauline, cheftaine Pionniers/Caravelles au Mans.

Aujourd’hui catholique pratiquante, elle ne l’était pas vraiment quand elle a adhéré à l’association à 14 ans. Le scoutisme a développé sa foi. Elle considère également que la pluralité au sein du mouvement offre un enrichissement. « Le fait que les SGDF soient ouverts à tous crée un entre-deux intéressant, qui permet à chacun de s’enrichir. Ça permet aussi que ceux qui, en grandissant, s’éloignent de la religion, ne se sentent pas exclus. » Un moyen pour les jeunes de s’ouvrir aux autres.

Jeux, bienveillance, paix

Après son baptême, quel message Emilie souhaite-t-elle faire passer ? « Il y a une citation qui ne me quitte jamais : « Avance sur ta route, car elle n’existe que par ta marche ». Elle me dit d’être active, m’aide à persévérer pour ce en quoi je crois. Et si ton chemin est fait de jeux, de bienveillance et de paix, alors on se croisera peut-être. À Saint-Augustin qui en est l’auteur, à ma famille, mes jeunes, mes accompagnateurs… merci. »